2Pierre

Introduction

De très nombreux interprètes aujourd’hui considèrent que cette lettre n’a pas été écrite par l’apôtre. L’insistance avec laquelle l’auteur rappelle son identité ne semble pas naturelle (1,1 ; 1,18 ; 3,1 ; 1,14 ; 3,15) et l’on soupçonne tout de suite que la lettre a été écrite après sa mort. Cependant, c’est un fait que les deux lettres de Pierre ont en commun à la fois des tournures de pensée et des mots qui ne se lisent presque jamais ailleurs dans le Nouveau Testament. Elles peuvent très bien avoir été rédigées par le même secrétaire, Silas, un personnage-clé de l’Église de Jérusalem. (Ac 15,32) que la première lettre nomme au dernier paragraphe. Même s’il l’a rédigée après la mort de l’apôtre, tout invite à penser qu’elle nous transmet les échos de la prédication de Pierre. Ceux qui contestent l’authenticité de cette lettre affirment qu’elle reflète les préoccupations d’un temps postérieur à la génération des apôtres et de leurs auxiliaires, et ils la comparent aux Lettres Pastorales de Paul. Nous avons déjà dit à propos de ces dernières, qe cette affirmation est purement gratuite.. Il n’y a aucune difficulté à situer la Seconde lettre de Pierre avant même la destruction de Jérusalem en l’an 70. De toute façon, la lettre a été reconnue par l’Église et donc fait partie des Écritures ; elle apporte des affirmations définitives sur plusieurs poins fondamentaux de la foi. Cette épître dénonce un mal que déjà craignait Paul : les abus de la liberté chrétienne (Gál 5,13). Même si les chrétiens ont été très vite l’objet de toutes les diffamations, ces attaques trouvaient un prétexte dans la conduite de certaines personnes qui voyaient dans l’appel chrétien à la liberté une variante de l’épicurisme, une doctrine centrée sur la recherche des plus hauts plaisirs – et bientôt c’était le libre cours donné aux instincts. La Seconde de Pierre s’inspire des exemples de l’Ancien Testament, qu’elle a sans doute repris dans le livre de Sirac, pour rappeler à la fois la miséricorde de Dieu et sa justice qu’il ne faut jamais défier. Ses arguments seront repris dans la lettre de Jude. L’auteur a montré clairement les trois points principaux sur lesquels il fallait se montrer très ferme à l’égard de ce matérialisme prétendument philosophique. Les trois chapitres de la lettre développent ces trois points ; il faut : — préserver la foi telle que les témoins de Jésus l’ont enseignée ; — combattre les maîtres qui conduisent à l’immoralité ; — maintenir chez les croyants l’attente de la venue du Christ.

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